Vous êtes beau. C'est dingue comme vous êtes beau. Vous êtes parfait, vous pouvez maintenant laisser pousser un peu vos cheveux et votre barbe, maigrir un brin et d'ici quelques mois, vous pourrez haranguer à loisir les passagers du métro. Ne me faites pas ce sale regard, c'est une vocation comme une autre et elle est plutôt lucrative. Bien sûr, il faudra savoir être misérable mais bon ça ne va pas trop vous changer de d'habitude non ? Allez, on se retrouve en-dessous de trois mois et n'oubliez pas, j'ai confiance en vous.
Les humains sont des esthètes chroniques, il suffit de voir avec quel doux plaisir on donne ces piécettes à cette gamine un peu sale qui tend sa main et son sourire avec un peu de tristesse au fond des yeux, et, il suffit de voir comment l'on se refuse poliment à donner ces mêmes piécettes (et Dieu sait qu'il y en traîne un nombre incalculable dans nos poches) à une gueule cassée depuis mille ans. Autrement dit, nous serions du genre à donner de l'argent avec plaisir à James Dean s'il descendait sous terre, quand bien même il serait déjà riche, plutôt qu'à la larve crapoteuse qui en est réellement besoin pour sa survie.
C'est étrange, choquant et pourtant nous sommes tous pareils sur ce point. On est prêt à sauver ceux que l'on voit comme étant récupérable et nous sommes aussi prompt à écraser d'un coup de botte ceux qui sentent l'alcool et la vieillesse. Qu'on aille pas me dire après que les bourreaux de l'histoire sont derrière nous. Qu'on aille rien me dire et qu'on se contente de me donner un peu plus qu'une dizaine de centimes à chaque passage.
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